(Presqu’île arabe, vers 575 – vers 645)
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Longue nuit
Ma longue nuit a refusé de m’offrir
un léger somme après l’affreuse nouvelle.
« Le fils d’Amr est mort ! » a crié le héraut.
« Assassiné ! » Puissé-je mourir de tristesse !
Avec lui, le siècle cruel m’a brisée !
Les malheurs, à ruiner une vie, excellent…
Un héros tel mon bien-aimé fait pleurer
un œil aride, et touche l’âme sensible.
J’avais un frère, loyal à tout compagnon,
qui nourrissait la caravane affamée.
Il vibrait à la guerre, luttant dans l’arène,
comme vibre le tranchant lustré du sabre.
Qu’ai-je fait au siècle, fécond en malheurs ?
Tous les maux nous sont-ils donc échus en partage ?
Athologie de la poésie arabe, traduite par René R. Khawam, Phébus, 1995 --------------------------------------------------------------------------